En direct de l’Élysée

Valérie Astruc

La personne que vous voyez sur cette image est Valérie Astruc, une journaliste de France 2 spécialiste de l’Élysée. Cette image est tirée du JT de 20h00 de France  2 du vendredi 30 novembre. Le sujet c’est les haut-fourneaux de Florange.

Précisons tout de suite que le bandeau sous son micro est mensonger. Elle n’est pas en direct du palais de l’Élysée mais d’un coin de trottoir en face de l’Élysée. Mais donnons-lui la parole. Elle dit entre autre :

« Un négociateur de l’Elysée que je viens d’avoir au téléphone m’a confié que Lakshmi Mittal s’engagerait à investir lourdement sur le site de Florange et s’engagerait surtout à ce qu’il n’y ait aucun licenciement. »

Devons-nous comprendre qu’elle se poste sur un trottoir en face de l’Élysée pour téléphoner à un conseiller de la présidence ? Non, bien sûr ! Elle fait ça de son bureau comme tout le monde. Ensuite, chez France 2, elle doit prendre un cameraman, un preneur de son, se poster sur le trottoir en face de l’Élysée (quel que soit le temps, d’ailleurs) pour rendre compte de la conversation téléphonique qu’elle a eu de son bureau. Pourquoi ? Mystère ? Peut-être qu’ils pensent chez France 2 que nous ne les croirions pas, s’il n’y avait le palais de l’Elysée derrière la journaliste. Précisons que la pauvre Valérie, ce jour-là y a eu droit deux fois (13h00 et 20h00).

Et c’est ainsi pour beaucoup de sujets.

Quand il y a des problèmes de circulation en France, chez France 2 on estime que, pour donner de la crédibilité à ce qu’il raconte, le(la) journaliste doit rendre compte au bord d’une autoroute, généralement à proximité d’un péage (là-aussi quelque soit le temps) alors qu’il est bien sûr aller chercher ses infos dans un PC routier genre Rosny-sous-bois.

Quand Maryse Burgot, envoyée spéciale à Washington, rend compte de l’actualité américaine, elle sera postée devant les grilles de la maison blanche ou en studio, mais dans ce cas, il y aura l’image de la maison blanche derrière elle, de peur que le téléspectateur s’imagine qu’elle parle de Paris.

Monsieur Rémy Pflimlin, il paraît que vous devez faire des économies, il paraît que vous songez à supprimer une émission comme « C’est pas sorcier« . Peut-être que certains déplacements de vos journalistes ne sont pas indispensables et qu’il y a moyen d’économiser là-dessus. Et puis en hiver, ça leur fera moins d’engelures.

Au fait, les lourds investissements de Lakshmi Mittal, on a su trois jours plus tard ce qu’il en était. N’importe quel citoyen un tant soit peu informé pouvait s’en douter. Apparemment pas un journaliste de France 2, ni un président, ni un premier ministre.

 

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