En 2017, votez Jean-François Copé

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, pratique la vengeance par voie d’amendement. Le mois dernier, Martin Hirsch, ancien Haut-commissaire aux Solidarités, avait dénoncé, dans son livre «Pour en finir avec les conflit d’interêts», celui existant entre la fonction de parlementaire de Copé et son job à temps partiel dans le cabinet d’avocat d’affaires au cabinet Gide Loyrette Nouel.

Copé avait alors violemment mis en cause Hirsch pour avoir pris la tête de l’Agence de service civique qu’il avait créée lors de son passage au gouvernment.

Il a fait mieux avec l’amendement n° II-94 à l’article 48 de la loi de Finances qui sera examinée vendredi. Signé par «M. Debré, Giscard d’Estaing et Dhuicq- trois proches de Copé». Il prévoit de «supprimer dans les charges de l’agence [de service civique] l’indemnité du président de l’agence»! Et pan.

Libération du 4/11/2010 Continuer la lecture de « En 2017, votez Jean-François Copé »

Le retour de la lutte des classes

En cette fin mai, en agitant pendant des mois l’épouvantail grec, en insistant sur l’intransigeance de madame Merkel, on nous a bien préparé à supporter un plan de rigueur qui n’ose dire son nom et à travailler plus longtemps pour une plus petite retraite. Je ne résiste pas à la tentation de reproduire un article de Bernard Maris dans Charlie Hebdo du 19 mai 2010. Dans le monde politique, vous trouverez le même genre d’analyse dans les dits et les écrits de Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de Gauche, loin de la servilité des « journalistes » des grands médias dont l’objectif semble être de nous faire gober la pilule amère tout en nous vendant le président du FMI comme leader de la gauche. Continuer la lecture de « Le retour de la lutte des classes »

Lettre à Laurent Joffrin

Monsieur Joffrin,

Vous avez pris la direction de Libération il y a environ trois ans. Moi, je l’achète tous les jours depuis plus de trente ans. Il n’y a qu’un ami que je fréquente depuis plus longtemps que Libé. Ces derniers temps, je me suis cependant plusieurs fois demandé si je n’allais pas rompre mon amitié avec Libé.

Si je lis Libé tous les jours, c’est primo à cause de la rigueur du travail de ses journalistes qui me permettent de mieux comprendre le monde. Comme exemple, je prendrai une enquête récente sur les difficultés de M. Obama à faire passer sa réforme de santé. Loin des raccourcis qu’on peut trouver ailleurs, notamment dans les JT : « Obama contre républicains », cette enquête explore la mentalité américaine pour comprendre pourquoi ils refusent un système genre Sécurité Sociale.
Je pense également aux excellents articles de Jean Quatremer sur l’Europe, mais aussi à beaucoup d’autres.
Je note aussi l’excellente rubrique Intox/Desintox parmi d’autres.

C’est pourquoi je trouve un peu inutiles les quatre pages dont vous avez fait l’honneur à Monsieur Frêche. Je dirais que c’est un peu une constante ces derniers mois que la place accordée aux bisbilles internes au PS occupent bien trop de place dans mon journal.

La deuxième raison, c’est que Libé, je le croyais jusqu’à présent, est de gauche comme moi, c-à-d. qu’il vise un monde plus juste où chacun a le droit de manger à sa faim, d’avoir un toit au-dessus de sa tête, enfin, la base quoi. Mais la vrai gauche, pas la gauche des salons parisiens.

Ces derniers mois je vois cependant des choses qui ne me plaisent guère. Notamment ce cahier spécial de 16 pages le week-end dernier sur la Formule 1. 16 pages sur la Formule 1 dans un journal de gauche ? Vous avez fait une enquête marketing et avez découvert que votre lectorat était accro à la Formule 1 ?

Vous avez dernièrement été un peu brocardé dans un livre : « Les Editocrates ». Je trouve qu’on voit souvent deux de vos co-victimes dans Libération : MM. Alain Duhamel et Bernard-Henri Lévy.

Le second a très souvent l’honneur de vos colonnes, et on nous précise bien à chaque fois qu’il est en partie propriétaire de mon journal.

Le premier sévit tous les jeudi dans Libé avec une chronique aussi inintéressante qu’indigeste, toujours consacrée à nos zommes politiques et à leurs petites manigances. C’est normal, c’est la seule chose qu’il sache commenter. Mais quand ce jeudi, Alain Duhamel s’est permis d’appeler à rendre le vote obligatoire puisque nos hommes politiques sont tellement nuls que plus de la moitié des électeurs ne se déplacent pas, je trouve que ça dépasse les bornes.

Un chroniqueur qui a une chronique hebdomadaire depuis des années réflète forcément peu ou prou l’opinion du journal. Si les gens de Libé pensent à l’opposé d’Alain Duhamel, pourquoi a-t-il cette chronique depuis si longtemps et si les gens de Libé pensent comme lui qu’il faut rendre le vote obligatoire, c’est qu’ils ont basculé du côté de la nomenklatura.

Je tenais à vous donner ces quelques opinions du haut de mes trente-cinq ans de fidélité.

Salutations cordiales

L’empreinte carbone personnelle d’un habitant du Burundi est en moyenne égale à celle d’un poste de télévision occidental en veille

Qui a prononcé cette phrase terrifiante ? Stéphane Demilly, député Nouveau Centre, lors du débat qui a suivi la Déclaration du Gouvernement sur la conférence de Copenhague le 2 décembre à l’Assemblée Nationale. Continuer la lecture de « L’empreinte carbone personnelle d’un habitant du Burundi est en moyenne égale à celle d’un poste de télévision occidental en veille »