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Coup de gueule politique

François Hollande : l’impudence et la niaiserie

Depuis la fin de son calamiteux quinquennat, François Hollande nous inflige déjà son deuxième livre. Cet opus s’appelle « Répondre à la crise démocratique ». Quel culot !

Si la crise des institutions de la cinquième république n’a pas débuté avec François Hollande, il a largement contribué à l’aggraver. En tant que président de la République il a été confronté à des attentats très meurtriers. Ses réponses ont été loin de renforcer la démocratie :

  • Après les attentats de janvier 2015 (Charlie Hebdo et Hyperkasher) il a instauré l’opération sentinelle. Cette opération est loin d’avoir prouvé son efficacité :
Sentinelle au Bataclan
Extrait de Wikipédia

Qu’on pense également à l’attentat de Nice en juillet 2016, à l’attentat du marché de Noël de Strasbourg en décembre 2018 où les sentinelles n’ont rien empêché. Mais elle coûte très cher et habitue insidieusement la population à voir patrouiller des hommes en armes.

  • Après les attentats de novembre 2015 il proclame l’état d’urgence qu’il a laissé perdurer jusqu’à la fin de son quinquennat. Il avouera lui-même que l’état d’urgence a servi à assigner à résidence des militants écologistes de peur qu’ils lui perturbent sa COP21.
  • Et que dire de son idée lumineuse de déchoir les terroristes de la nationalité française. Quel importance de perdre sa nationalité si on a décidé de mourir pour une cause ! Cette polémique stupide lui vaudra la démission de sa ministre de la justice.

Et que propose François Hollande pour sauver la démocratie

Maintenant qu’on a vu le passif de François Hollande avec la démocratie, que propose-t-il ? Rassure-toi, ami.e lecteur.trice, je n’ai pas acheté le pensum de notre ex-président. Il en donne les grandes lignes ici ou là :

Dans La Croix, le Huffingtonpost ou L’opinion entre autres.

  • Il veut garder un régime présidentiel mais il supprime le premier ministre. Il enlève au président le droit de dissoudre l’assemblée et de faire légiférer par le 49.3.
  • Il veut que le parlement ait plus de pouvoir. Le parlement vote les lois, élabore le budget et contrôle l’exécutif. Mais comme il supprime la responsabilité du gouvernement devant le parlement, je ne vois pas comment celui-ci peut contrôler l’exécutif.
  • Il ne veut pas d’un régime parlementaire comme la plupart des démocraties européennes mais d’un régime présidentiel à l’américaine.
  • Le mandat du président serait de 6 ans et celui des députés de 4 ans. J’ai du mal à comprendre l’intérêt de la chose à part de créer à nouveau l’éventualité de cohabitation.

Régime présidentiel et régime parlementaire

Toutes les démocraties ouest-européennes ont un régime parlementaire. Les citoyens élisent des députés (en général tous les cinq ans) et le pays est gouverné par un premier ministre issu de la majorité que celle-ci soit un parti ou une coalition de partis. Au-dessus règne un roi, une reine ou préside un président non élu au suffrage universel. Une seule légimité électorale, celle du parlement transmise au gouvernement qui en est issu.

En France le Président de la République est élu au suffrage universel et l’Assemblée Nationale aussi. Il y a deux légitimité qui peuvent s’affronter. Le problème s’est réglé dès le début de la Vème République par une inféodation totale du parlement à l’exécutif. Des députés godillots des années 60 aux députés La République En Marche (LaREM) qui ne votent pas une loi qui n’ait été décidée par Macron.

Le scrutin majoritaire à deux tours

Comme la plupart des politiciens actuels François Hollande reste attaché à un régime présidentiel et à un scrutin majoritaire à deux tours (présidentielles et législatives). Rappelons le principe : au premier tour vous votez pour celui dont vous partagez à peu près les idées (président ou député) et au deuxième tour vous votez contre celui dont vous ne voulez vraiment pas. Exemple : en 2012 vous votez Hollande parce que vous en avez marre de Sarkozy l’énervé, en 2017 vous votez Macron parce que vous ne voulez pas de l’extrême droite.

Taux d’abstention :

Présidentielles 1er tourPrésidentielles 2ème tourLégislatives 1er tourLégislatives 2ème tour
200716%16%39%40%
201219%20%42%44%
201722%25%51%57%

Les Français commencent à en avoir assez du scrutin majoritaire à deux tours. De plus en plus d’électeur qui se sont donné la peine de voter au 1er désertent l’isoloir au 2ème.

Principal argument : LA STABILITÉ. Il est plus facile de former des majorités fortes. Exemple : en 2017 LaREM et le MODEM totalisent 60% des députés avec 49% des suffrages et 19% des électeurs inscrits !

Nos voisins n’ont pas droit à cette stabilité. leurs scrutins sont en général à la proportionnelle en partie ou totalement. Quand aucun parti n’a la majorité absolue et que les partis ont du mal à former une coalition, il peut être difficile de former un gouvernement. Rappelez-vous la Belgique qui, il y a quelques années a vécu un an et demi sans gouvernement. Les Espagnols viennent de voter pour la deuxième fois en 6 mois parce que les socialistes et Podemos n’arrivaient pas à s’entendre pour gouverner.

Cette stabilité, si elle rassure les politiciens au pouvoir, est dramatique pour les citoyens. Actuellement il y a un mouvement qui dure depuis un an, les gilets jaunes, issus essentiellement des travailleurs pauvres et autres précaires. Depuis des mois des centaines de services d’urgences sont en grève. Les pompiers ont manifesté pour revaloriser leurs salaires et leurs conditions de travail. Les enseignants aussi à la rentrée. La plupart de ces mouvements sociaux sont violemment réprimés par le pouvoir.

La stabilité apportée par le scrutin majoritaire à deux tours existe peut-être au gouvernement ou dans la chambre des députés mais pas dans la rue pour le citoyen qui aimerait faire entendre sa voix.

Bye bye Monsieur Hollande

Qui peut faire confiance à François Hollande pour sauver la démocratie ? Un président qui a bâti son quinquennat sur le mensonge. Mon ennemie c’est la finance => CICE, lois travail.

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