La télé et l’anonymat

Jeudi soir, sujet dans « Envoyé spécial » sur la violence en collège. Si on nous parle bien du Neuhof à Strasbourg, on évite soigneusement de nous nommer le collège lui-même, tout en précisant qu’il est au cœur de la cité.

Pourquoi ?

La volonté est bien sûr de ne pas stigmatiser. Le problème est que tout Alsacien un tant soit peu informé a reconnu le collège Solignac, et les gens qui habitent à l’autre bout de la France, peu leur chaut le nom du collège.
Quel intérêt, alors ?

D’autre part, la plupart des élèves à qui l’équipe s’est intéressée ont été « floutés ». En revanche on ne floutait pas les adultes. J’ai du mal à comprendre l’intérêt de ce floutage.
Ce Murat dont a vu le père maçon et dont on on a longuement exposé les « méfaits », tout le quartier l’a reconnu malgré le floutage. Mais pour le reste de la France qui ne le connaît pas et ne le verra probablement jamais, je ne pense pas que cette fausse anonymisation ait été nécessaire.

On a l’impression que ces floutages répondent à des règles intangibles mais un peu stupides.

  • On floutera systématiquement les mineurs qui « ont quelque chose à se reprocher » mais en fonction de critères plutôt flous. Ainsi on a flouté Murat mais pas les dizaines de gamins un peu excités qui ont été filmés en gros plan le premier jour.
    Ont-ils tous donné leur accord pour figurer en clair dans le reportage ? Peut-être quelques uns d’entre eux regrettent-ils d’avoir été filmés pendant ces quelques minutes où on les a vus comme des « sauvageons » ?
  • On floutera les marques de façon souvent ridicule, voir les jeunes de banlieue qui on des sweat-shirts très flous mais pas assez pour qu’on ne reconnaisse pas la virgule de Nike.
    Ou alors ce « responsable de communication de la Société Générale » qui parle des ennuis de sa banque devant un logo rouge et noir soigneusement flouté.

Il est assez difficile, ces derniers temps, de voir un reportage dans une émission d’information ou un journal télévisé sans qu’un visage ou un élément vestimentaire soit flouté. C’est très gênant et c’est hypocrite.
On vous montrera sans problème un « consultant » de sport dans une chemisette à crocodile présenter Roland-Garros, par contre on vous floutera la virgule d’un « jeunedebanlieue » interrogé à l’occasion d’un sujet sur l’insécurité.
Dans quel cas y-a-t-il publicité clandestine ?

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