Noël 2013, un Fukushima à Fessenheim (3)

3ème épisode. Cette fois-ci ça va mal.

Vendredi 27 décembre 2013, 2h10

Paris, porte de Châtillon. Tac-poum-tac-tac-tac-tac-poum. Dans la vieille Mini de Lisa Dautrey, chef du service de la sûreté des réacteurs à l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), les percussions implacables de Noir Désir donnent à fond. C’est l’incendie, le grand incendie… La voix d’ange blessé de Bertrand Cantat scande les syllabes comme un hachoir à mots. Y a l’feu partout, emergency/Babylone, Paris s’écroulent/New York City… Lisa roule à 120 sur l’avenue Pierre-Brossolette déserte. Elle fonce vers le CTC, le Centre technique de crise, à Fontenay-aux-Roses. Un techno-pique-nique sur la terre éventrée/ Mais la faille est creusée, atomisée…

 2h22

Arrivée de Lisa en un temps record sur le parking de l’IRSN à Fontenay-aux-Roses. Cours ! Cours ! Cours ! Cours ! No limit à la fuite. C’est Lisa qui va diriger le CTC pendant la crise provoquée par le séisme de Fessenheim (lire notre premier épisode ici). A 37 ans, elle est l’un des plus jeunes chefs de service de l’IRSN. Elle a eu une promotion éclair après avoir fait montre d’une remarquable perspicacité dans l’analyse des situations accidentelles. Jeune ingénieur à peine sortie de l’école, elle s’est illustrée en 1999, lorsque la tempête du 27 décembre a provoqué une inondation à la centrale du Blayais, en Gironde. On est passé à deux doigts de l’accident majeur. Lisa faisait ses débuts au CTC. Ses suggestions ont aidé à limiter les dégâts.

2h23

Lisa coupe le contact. Fonce vers l’ascenseur. Pénètre au pas de course dans le local du CTC. Salue rapidement la responsable permanente du centre et les quelques membres de l’équipe déjà présents. En liaison permanente avec la centrale, l’équipe d’experts de l’IRSN a pour mission d’analyser en direct les données disponibles de manière à pouvoir conseiller Jean-Marie B. et ses collègues d’EDF, au fur et à mesure de la progression de l’incident. Espérons que cela restera un incident…

 2h24

Lisa s’installe devant l’écran d’ordinateur sur lequel sont transmises, par téléphone satellite, les données fournies par les différents capteurs et appareils de mesure de la centrale de Fessenheim. Lisa se rend compte immédiatement qu’elles ne sont pas complètes : le tremblement de terre a détérioré une partie des appareils, et la panne électrique en a mis d’autres hors circuit. A vue de nez, il manque 30 à 40 % des informations dont on disposerait en temps normal.

2h29

Lisa appelle Jean-Marie B., à Fessenheim. Ils se connaissent de longue date. Ils se sont rencontrés il y a une dizaine d’années, lors d’un séminaire sur la sûreté nucléaire organisé à Fontenay. Ils ont même eu une brève idylle. Ils sont restés amis et s’estiment mutuellement.

2h30

Lisa et Jean-Marie font un point par téléphone.

— Ça va, Monsieur B. ? Ton équipe tient le choc ?

— No problem.

— Y a de l’action, par chez toi.

— On a deux priorités. Primo, dérouler un câble pour raccorder la tranche 2 à un des diesels de secours de la tranche 1. Secundo, empêcher l’eau d’impacter les équipements importants pour la sûreté.

— A commencer par les diesels… Remonter la diguette, c’est exclu ?

— Pas le temps. On a écarté cette option.

— So what ?

— On va faire un bouclier devant les diesels, avec des sacs de sable et des tôles qu’on a en stock. Ça peut être réalisé assez vite.

— Ça va pas fuir ?

— C’est du bricolage, mais on n’a rien d’autre. On mettra une pompe pour aspirer la flotte.

— Vous ne serez pas inondés avant ?

— C’est limite, mais ça doit le faire.

— Tout repose sur les diesels de secours de la tranche 1. Faut qu’ils tiennent.

— On a déjà perdu les deux diesels et la source ultime de la tranche 2. A moins d’une putain de malchance !

— Je suis une pessimiste méthodique.

— Et moi un optimiste indécrottable.

— C’est pour ça que je t’aime. A plus.

— Ça roule.

2h35

Paris, place Beauvau. Dans son vaste bureau du ministère de l’Intérieur, l’insubmersible Eric Besson, seul rescapé miracle du gouvernement précédent, met la dernière main à un communiqué aux accents churchilliens : «Mes chers compatriotes, une catastrophe nationale vient de frapper notre pays. Le tremblement de terre qui a touché l’Alsace est un événement sans précédent. Tout est mis en œuvre pour porter secours aux victimes. Je sais aussi que l’on peut compter sur le courage et l’esprit de solidarité des Français. C’est dans l’épreuve que la France est forte.» Pas un mot sur la centrale nucléaire de Fessenheim.

2h42

CTC, Fontenay-aux-Roses. Devant son écran, Lisa joue nerveusement de la souris. Elle fait défiler une liste de chiffres. Ils représentent des mesures de température et de pression dans l’enceinte du réacteur n°1, celui qui est alimenté en électricité par un diesel de secours. Quelque chose cloche. Les chiffres sont trop élevés. C’est peut-être dû à une avarie des capteurs, qui ont pu souffrir du séisme. Mais une cohérence apparaît dans les chiffres, ce qui ne colle pas avec des appareils de mesure «fous». Et cette cohérence suggère une interprétation inquiétante : on dirait qu’il y a une fuite dans le circuit primaire du réacteur. L’eau du primaire est à une pression de 155 bars et à une température de l’ordre de 300 °C. S’il y a une brèche dans le circuit, cette eau très chaude et sous haute pression jaillit dans l’enceinte. Ce qui expliquerait que les capteurs donnent des valeurs élevées. Si la fuite n’est pas compensée par des injections d’eau supplémentaire, le cœur du réacteur va progressivement se découvrir. Ensuite, il risque de se mettre à fondre…

2h46

Jean-Marie fait les cent pas dans la salle de réunion inter-tranches. Une équipe spéciale a été constituée pour réaliser le «bouclier» qui doit protéger les diesels de secours. Elle vient de se mettre à l’œuvre. Le raccordement de la tranche 2 est en bonne voie. Pourtant, Jean-Marie n’est pas tranquille.

— T’as l’air soucieux, Monsieur B., dit Ludovic.

— Ils en ont encore pour longtemps, avant de ramener le jus à la tranche 2 ?

— A la louche, une heure.

— On a perdu les alimentations il y a deux heures. La TPS a tenu vingt minutes.

— Et alors ?

— La tranche 2 est sans refroidissement depuis une heure quarante. Tu rajoutes une heure…

— Ça fait deux heures quarante.

— Le cœur du réacteur n°2 risque de se mettre à fondre avant qu’on récupère le refroidissement.

— Exact. Et il y a encore une pression élevée dans le primaire.

— L’enceinte va morfler…

— Si elle morfle trop, elle va fuir, complète Ludovic.

— Et on va balancer une grosse bouffée dehors.

— Conclusion ?

— Faut baisser la pression dans l’enceinte, dit Ludovic.

— Ce qui veut dire ?

— Qu’on doit ouvrir un évent et rejeter volontairement de la radioactivité.

— Pourquoi ?

— Pour prévenir un rejet involontaire plus massif.

— Faut prévenir aussi la préfète, dit Jean-Marie.

— Et merde.

2h48

Jean-Marie appelle Fontenay pour avertir le CTC de son intention d’effectuer un rejet volontaire de gaz radioactifs.

— C’est ennuyeux, dit Lisa. Mais c’est un moindre mal.

— Je me demande si ton pessimisme méthodique ne nous a pas porté la poisse, grince Jean-Marie.

— J’ai peur d’avoir encore une mauvaise nouvelle, dit Lisa.

— Sans blague ?

— Tu as regardé les mesures de pression sur l’enceinte de la tranche 1 ?

— Vite fait. Les capteurs ont l’air de déconner.

— Ils ne déconnent pas, Jean-Marie. J’ai analysé toutes les mesures. D’accord, il y a des valeurs aberrantes, et il manque des données. Mais quand même…

— Quand même quoi ?

— Y a une tendance, et je parierais très gros qu’elle est réelle. Je pense que vous avez une brèche dans le circuit primaire de la tranche 1, probablement causée par le séisme. C’est une petite fuite, mais ça fuit.

2h50

Jean-Marie blêmit. Si Lisa a raison, ça veut dire qu’à terme, ce n’est pas seulement le cœur du réacteur n°2 qui risque de fondre, mais ceux des deux réacteurs. Et lui qui pensait que la tranche 1 était hors de danger ! Il s’apprête à objecter à Lisa que toutes les études d’EDF ont montré que ce qu’elle dit est impossible : les composants principaux de la centrale, les enceintes, les cuves et les circuits primaires des deux réacteurs ont été calculés pour résister à un séisme plus puissant que celui qui a détruit Bâle en 1356. Oui, mais… les calculs d’EDF supposaient que l’épicentre était à au moins 30 kilomètres de la centrale.

Et il y a un argument moins scientifique, mais que Jean-Marie ne peut écarter. Il connaît Lisa, il sait que sur ce genre d’analyse, elle ne se trompe quasiment jamais. Elle a le don d’extraire l’élément significatif d’une forêt de données apparemment incohérentes. Si elle dit qu’il y a une brèche…

— En dehors du calcul probabiliste, au flair, quel degré de certitude accordes-tu à ton hypothèse de fuite primaire ? demande-t-il, pour la forme.

— Au flair, j’en mettrais ma main à couper, répond Lisa.

— Donc, on a potentiellement deux fusions de cœur à venir.

— Oui. Désolée.

— L’amour, c’est ne jamais dire « désolée », grommelle Jean-Marie.

3h02

Jean-Marie tient une réunion rapide avec les deux chefs d’exploitation, Ludovic et Paul. Il va falloir rejeter volontairement une bouffée de gaz radioactifs à l’extérieur de la centrale. A cette fin, il faut ouvrir pendant un bref moment les filtres à sable installés en haut de l’enceinte du réacteur. Ces filtres sont destinés à relâcher des gaz de l’enceinte tout en retenant une partie des éléments radioactifs. L’objectif est de limiter la pollution autant que faire se peut. L’efficacité du dispositif n’est pas démontrée. Jean-Marie sait bien qu’ils vont balancer de la radioactivité dehors. Il faut prévenir la préfète.

3h04

Jean-Marie appelle le téléphone satellitaire personnel d’Ondine Romana. D’une voix plus rapeuse que du papier de verre, il résume la situation. La digue rompue. La menace d’inondation de la centrale. Le problème de réchauffement du réacteur n°2. La nécessité de relâcher des gaz radioactifs, afin de réduire de la pression de l’enceinte. Un relâchement limité, volontaire et contrôlé. Mais bien sûr, les populations riveraines risquent d’être exposées à ce rejet. Et on ne peut pas totalement exclure que d’autres rejets se produisent ultérieurement. Même si on fera tout pour les éviter. Une mesure de mise à l’abri serait sans doute souhaitable…

La préfète écoute en silence. Puis demande :

— Ce rejet radioactif, quand comptez-vous l’effectuer ?

— D’ici une demi-heure environ, peut-être avant.

— Je vois. Ça ne laisse guère de temps.

— Je n’ai pas le choix.

— Faites au mieux, Monsieur B.

3h08

À la centrale, Jean-Marie, Ludovic et Paul discutent à voix basse. En soi, effectuer un rejet volontaire est déjà une décision grave. Mais il y a pire : le système de contrôle qui permettrait d’effectuer l’opération depuis la salle de commandes ne fonctionne plus. Un relais électromagnétique a été détruit par le séisme. Il faut envoyer un gars effectuer la manœuvre manuellement. Le dispositif n’est pas sous abri. L’agent qui va ouvrir les filtres va forcément «prendre une dose». En clair, il va s’exposer à une dose de radioactivité importante.

— J’y vais, dit Ludovic.

— Non, dit Jean-Marie.

— Ouais, bon, alors…

3h09. Le non-dit de leur échange est qu’on n’expose jamais les chefs d’équipe à ce genre de risque. Et encore moins le directeur de la centrale. En cas d’accident, on protège la hiérarchie autant que possible, parce qu’une équipe ne peut pas travailler sans chefs. Selon une règle non écrite, chaque équipe compte un ou deux «volontaires permanents», qui ont fait savoir qu’ils acceptaient les missions dangereuses.

— On envoie Sim, dit Jean-Marie. Où il est ?

— Il doit faire sa ronde.

Sim est un ancien de Fessenheim. Ça fait près de trente ans qu’il est à la centrale, exploitée depuis 1977. D’habitude, les agents tournent d’un site à un autre, mais Sim a fait toute sa carrière ici. Il connaît chaque pompe, chaque vanne, chaque bout de tuyau de l’installation. C’est un petit bonhomme tout sec, avec des lunettes métalliques. Jean-Marie l’appelle par le réseau interne à la centrale. Il lui explique ce qu’il attend de lui.

— Pas de souci, dit le vieux rondier. J’y vais quand ?

— Illico.

3h20

Préfecture du Haut-Rhin, à Colmar. Ondine Romana appelle son dircab’ et lui demande de convoquer une réunion exceptionnelle dans un quart d’heure, au poste de contrôle nouvellement aménagé de la cellule de crise. Puis elle s’éclipse discrètement, emprunte l’escalier latéral de l’hôtel de la Préfecture et gagne ses appartements privés. Son époux est en train de consoler leur petit dernier. Thomas, 12 ans, a fait un cauchemar. Ondine embrasse le garçon, et fait signe à son mari de la rejoindre.

3h22

Ondine et son époux chuchotent dans la cuisine. La préfète fait part à son conjoint de la dégradation de la situation à la centrale. Elle lui demande d’emmener leur fils dans leur maison de vacances en Bretagne, pour qu’il soit en sûreté. Evidemment, cette exfiltration familiale doit rester secrète. Si on pose une question au mari de la préfète, il répondra que ce voyage était prévu de longue date et qu’il n’a pas voulu l’annuler au dernier moment, pour ne pas inquiéter l’enfant.

3h26

Sim, le vieux rondier, appelle pour signaler qu’il a réussi à actionner les filtres à sable. Au même moment, une sirène déclenchée par le système KRT, qui contrôle les effluents radioactifs et gazeux sur le site, confirme que le rejet a été effectué.

3h33

Madame la préfète regagne son PC de crise. Son mari prend par la main le jeune Thomas tout ensommeillé et l’entraîne à la voiture. Il démarre furtivement. Sur la banquette arrière, son manteau noir est jeté sur un sac de voyage contenant une pile de chemises et deux pantalons pour lui, trois pulls, un jogging et des chaussons pour son fils, plus une trousse de toilette et un chargeur de portable… La Toyota Prius démarre silencieusement sur son moteur électrique.

3h37

À la centrale de Fessenheim, Jean-Marie décide de relever Paul qui, à cause d’un remplacement compliqué, a enchaîné deux quarts d’affilée : normalement, l’équipe de l’après-midi prend son quart à 13 h 30, et elle est relevée à 21 heures par l’équipe de quart de nuit qui travaille jusqu’à 6 heures, avant d’être relevée à son tour par l’équipe du matin. En l’occurrence, ça fait plus de quatorze heures que Paul est sur le site. Il est crevé. Par ailleurs, il se trouve qu’il habite tout près de chez Jean-Marie. Ce dernier lui demande de faire un saut chez lui, au passage, histoire de rassurer Christiane.

— Vas-y vite, après tu ne pourras plus partir, il y aura trop de flotte.

Les abords de la centrale sont déjà partiellement inondés, mais Paul réussit à se trouver un chemin. En le voyant partir, Jean-Marie se dit qu’il ne sait pas quand il pourra quitter la centrale à son tour.

3h48. Ondine Romana a mis sur pied un plan de mise à l’abri des populations, qualifié par son directeur de cabinet d’«énormissime». Les résidents des communes de Balgau, Roggenhouse, Fessenheim, Hirtzfelden, Muchhouse, Weckolsheim, Nambsheim, Heiteren, Rumersheim-le-Haut, Obersaasheim, Blodelsheim, Rustenhart, Dessenheim, Geiswasser ainsi que ceux de Chalampé, Neuf-Brisach, Bantzenheim, Vogelgrun, Hettenschlag, Algolsheim, Volgelsheim et Oberhergheim doivent immédiatement se mettre aux abris. Il faut fermer portes et fenêtres et rester impérativement à l’intérieur. Si possible en écoutant la radio, où des flashs réguliers d’information seront diffusés. Une attention particulière doit être portée aux nourrissons et aux enfants, plus sensibles que les adultes aux rayons ionisants.

3h49

L’équipe «raccordement» termine la dernière connexion de la tranche 2 au diesel de secours du réacteur n°1. Plusieurs voyants confirment que certaines pompes de secours sont à nouveau disponibles.

3h55

Au village de Fessenheim, Nouria Chalabi, qui n’arrive pas à dormir, entend soudain le signal d’alerte nucléaire émis par les sirènes électroniques installées sur le bâtiment de la mairie. Un son modulé strident, répété après une brève interruption. Les haut-parleurs diffusent un message demandant aux habitants de rester à l’abri. Elle allume la radio. France Bleu Alsace diffuse un flash spécial.

4h14

L’équipe «bouclier» a terminé son boulot. Juste à temps. Devant le bâtiment qui abrite les diesels de secours, on patauge dans trente centimètres de flotte. Derrière le barrage improvisé, une pompe aspire l’eau qui s’infiltre inexorablement. Pour l’instant, les diesels sont à l’abri.

4h27

Applaudissements dans la salle de commande. Des canettes de bière apparaissent sur les consoles. Une ou deux cigarettes s’allument. En temps normal, les unes comme les autres seraient proscrites. Jean-Marie fait celui qui n’a rien vu. Il trinque au coca avec Ludovic. Il appelle Lisa :

— Jusqu’ici tout va bien…

— Comme dirait le gars qui a sauté du 30e étage, juste avant d’arriver au sol ?

4h42

Sim, le rondier, patrouille sur le site. Il y a de la flotte partout. Par moment, il en a jusqu’à mi-cuisses. Il s’approche du «bouclier». Pour l’instant, ça tient, mais c’est ric-rac. Il faudrait mettre une deuxième pompe. Et ça va être coton de la trimbaler, avec ces flaques d’eau qui commencent à ressembler à des petits étangs. Soudain, il entend comme un bruit de cascade dans son dos. Il se retourne, en direction de là où se trouvait la digue, avant le début de l’inondation. Il voit une lame d’eau d’au moins un mètre de haut déferler sur lui.

4h44

Sim court comme il n’a pas couru depuis ses vingt ans. Il chope une échelle accrochée au flanc du bâtiment des auxiliaires nucléaires. Il grimpe les barreaux quatre à quatre. Avec horreur, il voit la vague submerger le barrage de tôle et de sacs de sable, noyer la pompe et engloutir toute la zone des diesels. Des lumières s’éteignent un peu partout. Les sirènes qui hurlaient encore une seconde plus tôt se taisent. Cette fois, la centrale de Fessenheim est morte…

 

A suivre

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